SV INDUSTRY EST FIER DE VOUS PRESENTER DEUX INTERVIEW D’ALUMNI SV QUI ONT CREE LEUR PROPRE STARTUP :

 TOM LACHKAR, CCO AND CO-FOUNDER OF CAULYS

GEORGES MULLER, CEO AND CO-FOUNDER OF SEED BIOSCIENCES

Covid strikes again and challenges our plans. But this time we’re ready to face and won’t stop our activities! Therefore we propose an alternative of our usual round tables, interviews of alumni of SV all graviting around the same theme. This week it’s entreprenership.

Ready to learn more about SV opportunities? Be curious then and scroll below!

Please note that the interviews were lead in French, therefore we prefered keeping it in that language and not translating it in English.

Translations are only possible on request per mail.

Tom Lachkar

CCO and co-founder of Caulys

Site Web : https://caulys.com/ 

Qui es-tu et que fait ta start-up?

Je m’appelle Tom Lachkar. J’ai 25 ans, je suis français ayant longtemps vécu en Belgique. Je suis venu à Lausanne à 18 ans pour commencer mes études à l’EPFL, dont je suis diplômé d’un Bachelor en Sciences de la Vie et d’un Master en Bioingénierie. En parallèle de mes études de Master, j’ai cofondé Caulys, incorporée en janvier 2019. 

Caulys est une startup agritech, notre mission est d’amener une agriculture hyper-locale au plus proche des consommateurs, grâce à des fermes d’intérieur connectées. Elles permettent de cultiver directement sur le site de consommation, aussi bien au sein des restaurants que dans votre salon ou votre cuisine. 

Cette proximité offre aux Chefs et aux particuliers un accès à des produits d’une fraicheur inégalable, riches en goût et en vitamines, sans aucun intermédiaire, et donc sans transport, packaging ou gaspillage. Vous avez sûrement pu voir ces fermes en CO à l’EPFL. 

Quels ont été les obstacles les plus difficiles à surmonter ? As-tu souvent pivoté, changé de voie ?

Pivoté ? Oui, tout le temps, surtout au début et encore aujourd’hui. Tester, apprendre, itérer, valider ou non certaines hypothèses, c’est comme cela qu’on avance, que ce soit sur le produit, le marché, le business model, le pitch, le plan de développement, les levées de fonds… 

Des obstacles, en cette année 2020 particulière, on n’en manque pas. Les restaurants/cafétérias sont nos principaux clients à l’heure actuelle. C’est un secteur durement touché par la crise sanitaire, et forcément, Caulys est aussi impacté. Il faut faire avec, certes on a été ralenti mais on s’adapte et on continue d’avancer au mieux.  

Quel est ton parcours d'étude et t-a-t'il servi dans ton parcours entrepreneurial ? Si oui, de quelle manière ?

J’ai suivi un parcours SV « classique » en faisant d’abord mon Bachelor puis mon Master à l’EPFL. Pour mon Master orienté bio-ingénierie, j’ai également pris le mineur en MTE (management des technologies et entrepreneuriat). En 3ème année de bachelor déjà, j’avais suivi un cours d’SHS en « entrepreneurship ». J’ai en effet toujours été attiré par le monde du business, de l’innovation, des startups, en plus des sciences. Pour l’anecdote, en 2013, j’ai d’ailleurs hésité à entamer mes études à HEC Montréal.

Avant le master j’ai effectué un stage dans l’équipe Life Sciences d’une banque d’investissement, spécialisée dans l’accompagnement en levée de fonds de startups Biotech et Medtech. J’ai beaucoup apprécié cette expérience, liant mon background de SV à des applications orientées business, et cela m’a renforcé dans l’idée que l’entrepreneuriat est un monde fascinant.  

C’est dans un cours de mineur MTE que j’ai rencontré Grégoire Gentile, co-fondateur de Caulys, alors étudiant en master de génie mécanique et initiateur du projet. Grégoire a également rencontré notre troisième co-fondateur Vincent Keller, mentor au sein du cours « InnoSuisse Business Concept ». Vincent s’est vite piqué au jeu et nous amène toute son expérience business dans son rôle de Chairman. 

Fin 2018, nous avons levé des fonds pour créer Caulys SA en janvier 2019. Nous avons obtenu le soutien de l’EPFL pour effectuer, Grégoire et moi, nos projets de master chez Caulys à partir de février 2019, ce qui était crucial pour le développement de la startup.

Comment t’es-tu lancé ? Y a-t-il eu des personnes clés durant cette initiation ? Qu’est-ce qui t’as motivé à te lancer ?

J’ai toujours trouvé le milieu de l’entrepreneuriat et de l’innovation excitant, en sentant vite que je me plairais plus dans ce type d’environnement plutôt que de poursuivre mes études avec un doctorat ou de rejoindre une entreprise dans un rôle 100% scientifique. 

Cela dit, je n’avais pas « prévu » de lancer une startup aussi tôt, dans le sens où ce n’était pas un objectif que je m’étais fixé. Le début de mon histoire avec Caulys tient en partie au hasard, en rencontrant Grégoire, que je ne connaissais pas, lorsqu’il a pitché son idée lors de ce cours de MTE. J’ai directement accroché à l’idée, donc je n’ai pas hésité à me lancer à fond dans cette aventure. La levée de fonds fin 2018 et la création de la société début 2019 ont ensuite été deux étapes importantes, évidemment. 

Quels ont été les moments forts, ceux qui t’ont particulièrement marqué?

Les levées de fonds réussies, l’installation des premières fermes à l’EPFL puis chez nos premiers clients, convaincre des chefs étoilés ou groupes de restauration, ce sont des succès qui motivent et ils sont importants. Rétrospectivement, je n’ai peut-être pas toujours pris le temps de bien les célébrer. Chaque fois qu’on passe un cap, on se concentre très vite sur le suivant, c’est un peu une course contre la montre. 

Où as-tu trouvé du soutien (notamment à l'EPFL) ?

L’EPFL soutient l’innovation et l’entrepreneuriat et c’est une très bonne chose. Au tout début, nous avons reçu le X-grant, une bourse de 10’000.- de l’EPFL pour les étudiants entrepreneurs. L’EPFL a d’ailleurs par la suite créé le Y-Grant, bourse du même montant spécialement dédiée au soutien de projets durables. 

Ensuite le soutien de Durabilité EPFL avec leur initiative Act for Change LAB, a été d’une importance capitale. Ils nous ont fait confiance en finançant l’installation des premières fermes sur le campus, en CO. 

Enfin, l’EPFL nous a aussi aidé en nous permettant, à Grégoire et moi, de réaliser nos projets de master respectifs chez Caulys (Grégoire en supply chain, et moi sur l’aspect botanique), ce qui nous a donné une bonne impulsion.   

As-tu participé à des concours/compétitions de start-up ? Qu’est-ce que cela t’as enseigné ?

Oui nous avons participé à quelques concours, et gagné notamment le prix des jeunes entrepreneurs 2019, remis par l’ambassade de France en Suisse, ce qui nous a rendu très heureux. 

Les concours c’est du bonus. C’est bien d’en faire quelques-uns, mais c’est très compétitif et très aléatoire. Se reposer sur l’éventuel argent des concours n’est selon moi pas une stratégie viable, et chez Caulys on a préféré lever des fonds pour avancer. 

On continue à y prendre part de temps en temps, mais l’essentiel de notre temps est dédié au développement du produit et aux ventes. Avoir un bon produit et de plus en plus de clients heureux, c’est cela qui crée le plus de valeur. 

Que penses-tu de l'entrepreneuriat en SV ? Y a t-il beaucoup d'opportunités ?

La faculté SV de l’EPFL regorge d’ingénieurs et scientifiques talentueux qui excellent dans la recherche, et je suis convaincu qu’il y a le potentiel de traduire cela en innovations et startups prometteuses, en Biotech comme en Medtech.  Il est vrai que dans le domaine de la santé, les startups ont souvent besoin de plusieurs années avant d’atteindre le stade de la commercialisation, ce qui implique aussi qu’elles doivent souvent lever beaucoup de fonds. 

Le chemin peut donc paraitre long, mais en Suisse, et notamment dans le canton de Vaud et à l’EPFL, il y a un bon écosystème pour supporter les entrepreneurs et l’innovation, avec du mentoring, des financements… donc il ne faut pas avoir peur de se lancer ! Il y aura des challenges, mais entreprendre c’est aussi une expérience riche en enseignements et reward personnel.

Vivre l’expérience startup c’est pouvoir aussi rejoindre une startup, même early stage, et contribuer à construire son succès et sa croissance, avec de nombreuses responsabilités et de belles perspectives d’évolution personnelle et professionnelle. Les options de carrière des étudiants et diplômés en SV ne se limitent pas à faire un doctorat ou à rejoindre une grande entreprise comme Roche ou Novartis, il y a aussi des belles opportunités en startups. C’est une question de profil et de préférence d’environnement de travail. 

Quel conseil donnerais-tu aux étudiants qui hésitent à se lancer?

Définir, le plus tôt possible, ce qui vous anime, vos valeurs, vos intérêts, l’impact et la contribution que vous voulez avoir. S’ouvrir à des opportunités auxquelles vous ne pensiez pas forcément au départ. 

Quant à être entrepreneur, c’est super, très valorisant et épanouissant. Si vous avez un projet et que vous êtes passionné, alors lancez vous ! Cela ne peut vous apporter que du bon : de l’expérience, de nouvelles compétences, du réseau, et ce sera une belle aventure !

 

Georges Muller

Cofondateur of SEED Biosciences

Site Web : https://seedbiosciences.com/ 

Qui êtes vous, que fait votre start-up?

 

Je m’appelle Georges Muller, marié, pas d’enfant, je suis diplômé du Bachelor et du Master de l’EPFL en SV, spécialisé en Bioingénierie. De 2012 à 2017,  j’ai effectué ma thèse de doctorat dans le laboratoire en Dynamique des Cellules Souches du Professeur Yann Barrandon en partenariat avec le laboratoire de microsystèmes du Professeur Philippe Renaud. 

 

Avec mon collègue de thèse et cofondateur David Bonzon, on a créé la start-up SEED Bioscience en 2018. On emploie actuellement 6 personnes, 50% de SV et 50% de MT. Notre start-up développe des outils de laboratoires qui permettent aux nouveaux domaines de la médecine personnalisée de voir le jour. En particulier, le premier produit qu’on a mis sur le marché est un nouveau système de pipetage qui permet de très précisément pipeter les cellules 1 à 1 de façon bien plus simple et bien plus rapide que les standards. Une de ses applications a été le développement de techniques unicellulaires qui permettent, entre autres, d’étudier le comportement d’une cellule dans une population.

Comment votre parcours d'étude vous-a-t'il servi dans votre parcours entrepreneurial?

Tout d’abord, mon parcours académique et les gens que j’ai rencontrés ont vraiment forgé mon début de carrière et la place que j’ai aujourd’hui en tant que cofondateur et CEO de startup. Pour l’anecdote, j’ai commencé la SV quand j’étais encore lycéen alors que j’avais à peine 17 ans . J’ai alors eu la chance de découvrir le laboratoire du professeur Yann Barrandon. Durant cette visite, j’ai vraiment été impressionné par les travaux du professeur et de son équipe dans le domaine des cellules souches. Finalement, j’ai suivi ce parcours de façon très naturelle et je me suis laissé guider. J’ai travaillé très tôt en parallèle à mes études dans des laboratoires. Durant mes stages, j’ai pu aller me former à Singapour ainsi que faire mon stage de master à San Diego pour une entreprise qui développe des thérapeutiques à base de cellules souches pour le diabète. 

 

Je ne pense pas que j’aurais pu créer ce genre de startup sans ce parcours. Il y avait le besoin de faire maturer notre technologie durant la thèse. Cette période de maturation en laboratoire est fondamentale, car aujourd’hui on n’a plus le temps de faire ça. En tant que start-up, on n’a plus le temps de faire de la science, on doit être orienté produits, commercialisation et clients. Le but est de vendre et ça c’est vraiment notre activité principale. Toutefois, chez SEED Biosciences, on essaie de dédier 10-20% de notre temps pour continuer à “bricoler”, selon la formule du Professeur Renaud. Ceci afin de développer les innovations de demain, augmenter la valeur de notre entreprise mais surtout pour s’amuser entre collègues!

Pouvez-vous nous donner plus de détails sur ce dernier (parcours entrepreneurial)?

Petite historique, pendant notre thèse on avait déjà développé, en parallèle au travail scientifique, des démonstrateurs avec lesquels on a pu assez vite mesurer l’attraction du marché que ce soit des entreprises pharmaceutiques ou laboratoires académiques. Avec ça, on a pu lever des premiers fonds publics à l’EPFL (Enable) et au niveau Suisse notamment Innosuisse et Gebert Rüf Stiftung. Au total, on a levé un million de francs Suisse. Avec ça on a pu développer des prototypes avec lesquels on a pu faire des tests pilotes pour des entreprises. A partir de janvier de cette année, on a pu mettre un produit sur le marché. On a déjà vendu plusieurs unités et on a parmi nos clients des multinationales telles que Merck, Sanofi et une autre aux Etats-Unis dans le domaine des immunothérapies. Nous sommes aussi fiers d’avoir placé un robot à la Plateforme de Cytométrie de SV et nous espérons qu’il soit utile à la communauté.


 

 

Comment vous est venue la fibre entrepreneuriale ?

C’est quelque chose qui m’a titillé assez tôt. Quand j’étais étudiant j’ai essayé de faire diverses activités comme par exemple la Junior Entreprise quand j’étais encore encore en Bachelor. J’ai commencé à entendre ce qui se faisait dans l’écosystème et les start-up qui émergeaient. Par la suite, j’ai très vite commencé à travailler en tant que bénévole et à me greffer à des projets de start-up de l’EPFL. Par exemple, Nicolas Durand de Abionic pour qui j’ai travaillé quelques mois sur une étude de marché. J’ai aussi bossé pour Aïmago, une autre spin-off de l’EPFL, dont le CEO était Michael Friedrich. J’ai eu la chance de rencontrer des jeunes entrepreneurs vraiment fantastiques et c’est eux qui m’ont donné envie de faire pareil. 

 

Pour conclure, il y a deux choses qui ont été fondamentales pour moi. La plus importante a été le côté humain par les entrepreneurs et entrepreneuses que j’ai pu rencontrer très tôt. L‘autre côté a été l’attrait pour les hautes technologies et ses applications à l’industrie.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer ?

J’ai fait la thèse pour faire de la science mais j’ai toujours eu en parallèle l’idée que les technologies qu’on développait pourraient avoir une utilité concrète. C’est même parti de là. Il faut savoir que le professeur Yann Barrandon est un génie. Il a toujours eu en tête des projets innovants et thérapeutiques. En discutant avec lui, j’ai compris que pour que ces thérapeutiques puissent voir le jour et être utilisées couramment, il fallait développer ces outils. Cependant, J’ai toujours eu en tête l’aspect humain, quelque chose qui puissent servir à la communauté et la motivation de pouvoir continuer à travailler avec l’équipe qu’on avait en thèse. Continuer à travailler avec ces gens était clairement une grande source de motivation. 

Quels ont été les défis principaux à surmonter depuis la thèse jusqu’au développement de votre start-up?

Dans une phase comme dans l’autre, les défis ne sont pas les mêmes. La thèse, c’est génial car tu fais littéralement ce que tu veux pendant 4 ans. J’ai eu la chance d’avoir un prof de thèse qui m’a laissé beaucoup de liberté et qui m’a donné les moyens de réaliser mes objectifs. La thèse: c’est fait pour avoir des embûches et apprendre à les résoudre. C’est parfois très stressant car tu ne sais jamais ce que tu fais ça a du sens, ou si un jour cela pourra être utilisé ou même si ça suffira pour avoir ta thèse. Mais dans le fond tu risques rien, t’as un immense parachute et à la fin du mois tu recevras toujours ton salaire. Les gens sont là pour toi et le professeur sera toujours là pour te relever et te rediriger si tu tombes sur une voie sans issue et ça c’est génial. 

 

Dans la phase de la start-up, quand tu te retrouves lâché dans la nature c’est pas simple. Heureusement, pour traverser ce gouffre l’EPFL donne beaucoup de moyens. L’intérêt c’était de continuer l’aventure, chose que l’EPFL a bien comprise et ils nous ont donné beaucoup de moyens, notamment au travers du programme Enable créé par André Catana du Technology Transfer Office. Assez vite, il nous a repérés et fait confiance même si ça n’a pas été simple de le convaincre. Nous avons aussi été soutenus par un Innogrant qui a financé nos salaires pendant 1 an. Après c’est itératif, tu mets le pied à l’étrier avec ces financements de l’EPFL ce qui te permet de continuer ton développement de produits et de chercher des financements au niveau Suisse. 

Y-a-t-il eu des passages plus difficiles que d’autres ?

 Oui, il y a quand même eu des phases où tu te demandes si tu vas y arriver. C’est toujours très rude. Il y a eu un passage où j’ai vraiment douté; Les caisses étaient vides, on avait vraiment plus de sou. J’ai dû m’inscrire au chômage et ça m’a fait un choc. Heureusement dans les 15 jours qui ont suivi, j’ai pu débloquer des fonds et on a pu se payer un salaire là dessus. C’est clair que l’argent c’est le nerf de la guerre, surtout en Suisse où il faut pouvoir continuer à payer ses factures et il ne faut surtout pas que ça impacte trop sa vie privée. Ce stress est vraiment revenu de façon chronique et avec le Covid ça n’a vraiment pas été facile. Par contre, il ne faut pas oublier que si l’un des problèmes le plus complexe c’est le financement, ton arme la plus forte reste l’équipe. C’est avec eux que tu trouves des solutions et même plus récemment des clients. 

Quels ont été les moments forts, ceux qui vous ont particulièrement marqué?

Si on remonte au tout début du projet en 2012, un des moments qui m’a marqué c’est quand le professeur Yann Barrandon m’a mis sur la voie. Un jour il m’appelle sur mon portable et il me dit “viens je suis en réunion, il faut absolument que tu viennes me voir”. Quand je suis arrivé, tous les profs de SV étaient dans la salle. Il s’est levé, il vient vers moi, on sort et il me dit “j’ai eu une idée, en allant à la cafétéria il faut que tu la développes”. Il me montre une petite boîte à bonbons et il enchaîne “Tu vois c’est ça qu’il faut! On veut pouvoir isoler des cellules une à une de manière hyper *gentle* et que ça soit super simple à faire”. Là, il clique sur la gâchette de la boîte à bonbons et il y a un unique bonbon qui sort. Il me dit “je sais pas comment tu vas le faire mais il faut que tu le fasses”. C’était un moment vraiment très cool, non seulement car tu vois tout l’enthousiasme et aussi car tu comprends que l’imagination n’a pas de limite. C’est complètement fou et ça te donne une énergie monstre.

 

Le deuxième moment hyper cool c’est quand on était avec mon pote et cofondateur David Bonzon. On est parti sur l’idée de faire une pipette pour avoir un clic une cellule. On a commencé à bricoler sur le principe de mesure de détection de la cellule. On a bricolé sur un coin de table un système électrique de mesure de cellules et quand on a vu les premiers signaux ça a été très fort. C’était vraiment la fête. Même si ça ressemblait à rien, on a compris qu’on en était capable.

 

Un autre moment fort, c’était la validation biologique, quand j’ai pu montrer pour la première fois avec un démonstrateur que ce qu’on avait bricolé au labo pourrait servir à faire de la biologie. En manipulant des cellules souches on a pu montrer que la technologie n’endommage pas les cellules et qu’on pouvait les sélectionner une à une. 

 

Plus récemment, le moment qui m’a marqué a été la fois où j’ai pu faire les premiers contrats de travail pour engager les collègues, notamment des anciens étudiants de master à nous. Plus tard, il y a aussi eu le plaisir de voir l’immense satisfaction des clients quand on leur apporte leur machine. 

Avez-vous participé à des concours ou compétitions de start-up ?

Plusieurs dont les programmes Venture Leaders, >>Venture>> et VentureKick. Les concours, ça t’aide à formuler ton idée d’entreprise sous différents aspects notamment commerciaux et financiers. Cela te donne aussi de la visibilité et de la crédibilité que tu vas pouvoir utiliser ensuite pour avoir des financements et de l’investissement privé quand c’est nécessaire. En terme de soutien financier, on a reçu l’aide précieuse d’Innosuisse et Gebert Rüf Stiftung qui nous ont permis de construire des prototypes et obtenir des validations de clients avant même la création de l’entreprise. 

 

J’ai aussi fait partie de la Junior Entreprise EPFL qui m’a aidé car c’est une jolie association qui se rapproche du monde professionnel et pour la première fois tu dois fournir un travail qui va au-delà du travail académique. D’une part, tu apprends à établir la relation client, faire une offre, la négocier et faire le suivi du projet. D’autre part, tu apprends à gérer du personnel, l’organisation, le travail en groupe et les finances. Beaucoup de choses très utiles que tu n’apprendras pas forcément en cours.

Que pensez vous de l'entrepreneuriat en SV?

On acquiert les bons outils pour travailler dans des domaines pluridisciplinaires en science de la vie. D’une part, on a la capacité de comprendre les besoins des utilisateurs, les biologistes. D’autre part, on est aussi capable de comprendre les technologies qui peuvent répondre aux besoins dans ce domaine de pointe. Je pense notamment aux micro-technologies et au développement de capteurs. En étant à cette interface, on est capable de mettre en place et de gérer une équipe performante afin d’innover et de répondre aux besoins des clients. C’est d’ailleurs le job que j’ai maintenant en tant que CEO de SEED Biosciences. 

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui hésitent à se lancer?

Je dirais que si tu hésites trop, il ne faut peut-être pas le faire. (rire). Il faut être convaincu car ce n’est pas une voie simple et une fois que tu y vas, il faut y aller à fond. En tant que jeune entrepreneur, on a tendance à s’investir énormément sur le plan personnel  mais il faut garder en tête que le maintien d’une vie privée stable est extrêmement important. En particulier, je vous conseille de ne pas prendre de risque financier personnel. Au contraire, ce risque-là doit être porté par les institutions publiques et les investisseurs privés. En tant que jeune entrepreneur, on donne facilement les 5-10 premières années de notre vie et ceci à bas coût par rapport à ce qu’on pourrait gagner sur le marché du travail. Finalement, mon dernier conseil est de s’entourer d’une équipe forte et solidaire car c’est avec ces personnes que vous partagerez les succès mais aussi les défis. Le dernier conseil que je donne aux étudiants c’est de ne pas hésiter à nous contacter pour des places de stages car il n’y a pas meilleur moyen que que de vivre l’expérience entrepreneuriale de l’intérieur.

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Here you are: contact@seedbiosciences.com

Envie de découvrir en images ce que fait Georges ? Voici une vidéo qui répondra à vos attentes :